À propos de la réconciliation


2009: année internationale

de la réconciliation

 

Où es-tu Paix?

Où es-tu Réconciliation?

Les Québécois vibrent d’émotions lorsqu'ils fredonnent la chanson de Raymond Lévesque: « Quand les Hommes vivront d’amour… » Mais, on a beau chanter et vibrer, les chansons et la musique, c’est comme la religion organisée par les hommes, ça ne change pas les vies, ni ne guéri les blessures de la vie.

 Dans son livre, Donald Gingras cite un récent article du Journal de Montréal qui titrait en première page: "Les Québécois : perdus sans religion." un constat qu'ils ont le mal de l’âme, qu'ils souffrent, qu'ils cherchent leur voie… Que cherchent-ils au juste? 

 


17 mars, 2008 (Publié avec permission)

Serait-ce le chaînon manquant à notre histoire? Peut-on s’entendre pour dire que nos familles, notre province, notre pays, notre planète ont un urgent besoin de guérison et de paix? On vit dans un monde en manque de Réconciliation. Notre planète crie ses douleurs. La montée incessante du terrorisme dénote un esprit de désespoir face à la vie.

Pourtant, Dieu a mis dans le cœur de l’homme le désir d’aimer et d’être aimé. Sa philosophie est très simple: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée; et ton prochain comme toi-même. » Pourquoi Jésus a-t-il payé de sa vie pour ce message d'espoir?

Vous désirez en connaître davantage sur le message de la Réconciliation avec Dieu et les uns avec les autres?

Ou bien on abandonne en chantant, « Mais nous nous serons morts mon frère… »; ou bien l’amour et la Réconciliation commencent maintenant, avec Dieu, et toi et moi!

Donald & Lorraine Gingrass

Cri du Coeur pour le Québec


 Premières nations, Inuits et Métis,  

et la Réconciliation

            Si le peuple québécois a été un orphelin en foyer d’accueil dans la famille canadienne reconstituée, et si la Réconciliation est essentielle au rétablissement de cette famille reconstituée, alors on peut se demander : « Qu’en est‑il des Premières nations, des Inuits et des Métis qui vivent au Canada ? » Ce sont certainement des enfants de la famille canadienne reconstituée. Il est possible de les percevoir comme des enfants en foyer d’accueil n’ayant que la Terre comme Mère naturelle, mais par elle, ils sont justement davantage chez eux dans notre Orphelinat canadien que tout autre enfant dont les ancêtres sont venus d’Europe. Si cette comparaison est justifiée, il est possible de percevoir le Nouveau parent (Mère Angleterre) comme arrivant dans l’orphelinat pour enlever la place du Premier parent (Amérindien). Le Nouveau parent a commencé ensuite à accueillir le peuple québécois et les Premières nations, les Inuits et les Métis, ainsi que ses propres enfants naturels ; il s’est ainsi retrouvé chef d’une famille complexe.

            Bien que nous puissions être tentés d’en dire plus au sujet des autochtones - et il ne fait aucun doute que plusieurs dimensions de leurs relations brisées avec les membres francophones et anglophones de la famille ont été documentées -, il vaudrait mieux écouter leurs porte‑parole et entendre leur propre analyse des moyens de faire avancer les choses. Les thèmes des territoires et des droits accordés par traités, les tentatives qui ont été faites pour exterminer ou assimiler leur peuple et leur culture, la séparation et l’isolement que les colons des peuples fondateurs européens leur ont imposés, les diverses formes de mauvais traitements qu’on leur a infligés, de même que les crimes perpétrés contre eux par le gouvernement et autres, l’inaptitude et l’injustice avec lesquelles on a traité les Amérindiens en tant que groupes, familles et individus, s’inscrivent tous dans la tragique histoire qu’ils sont seuls à avoir le droit de raconter à ceux qui en ont fait des victimes et au monde.

            Étant donné que le présent livre traite de la Réconciliation, toutefois, il convient peut-être de faire remarquer que le moyen qui a été choisi pour traiter de la question précise du « chapitre » des écoles résidentielles religieuses et gouvernementales dans les relations des Premières nations avec les autres Canadiens porte le nom de Commission Vérité et Réconciliation. En ce début d’année 2008, tandis que nous achevons ce livre, la Commission amorce une tentative de justice et de guérison. D’après le nom qu’elle porte, on peut en déduire que, comme dans le cas du Québec, leur histoire devra être racontée en toute vérité (ce qui est en cours de réalisation, bien qu’il y ait encore de nombreuses interférences). Ce n’est qu’une fois que la vérité aura été exposée qu’un quelconque processus conduisant à une véritable réconciliation pourra être lancé. Espérons que ce cheminement mènera à une guérison relationnelle et que les souffrances de la famille reconstituée seront transformées en une raison de vivre, plus noble, dont la famille reconstituée et souffrante du Canada a besoin. Il se peut que la grande question à se poser soit : « Le Canada arrivera‑t‑il à aller jusqu’au bout du chemin de la Vérité et de la Réconciliation en toute bonne foi ? »

            Dans le monde entier, on fait actuellement des pas vers la réconciliation avec d’autres Premières nations. L’Afrique du Sud et l’Australie progressent dans ce sens.

            Les peuples qui s’intéressent à la Réconciliation dans ce contexte ne la perçoivent pas tous dans la perspective essentiellement chrétienne de la repentance et du pardon. Il se peut que, par une approche plus globale, on la définisse comme étant le fait de prendre des mesures mutuellement acceptables pour véritablement passer de l’antagonisme au respect et à la confiance. Il est difficile d’imaginer que cela puisse se produire sans reconnaître nos torts et sans en demander ensuite pardon avec assez de sincérité pour que tout soit accepté et forme un fondement en vue d’une nouvelle relation. Pour rendre la tentative de Réconciliation suffisamment efficace, il faudra peut-être avoir recours à un processus de justice réparatrice, et qu’une certaine forme de restitution en fasse partie. À ce stade‑ci, si nous désirons aller de l’avant et nous engager à favoriser des changements pertinents et durables, il est évident que la Réconciliation pourrait s’avérer coûteuse, et ce, tant pour la victime que pour le fautif.

 - Donald Gingras (Fenêtre d'espoir... et de Réconciliation, Annexe 1, p. 268)